Un outil de dialogue et d'ouverture

Publié le par Bat.Assistant

Pour commencer je veux vous rapporter un brin de l’une de mes discutions avec un jeune, histoire d’ouvrir le dialogue au plus large public.
 

On reproche, souvent, à notre génération d’être loin de la jeunesse, loin de leurs véritables soucis. De ne pas comprendre leurs idées et même leur langage moderne…

 

A vari dire, c’est grâce aux quinquagénaires (entre autres) que les jeunes d’aujourd’hui ont pu disposer des moyens les plus performants de communication moderne : les PC, l’Internet, les téléphones portables …

 

La génération de Bill Gates, Paul Allen, Steve Jobs et autre Stephen Wozniak pour ne citer que les plus populaires est une génération aussi ouverte que déterminée. Ouverte au dialogue, au rapprochement, à l’échange et déterminée à affirmer son authenticité.

 

Ces personnes ont imaginé le paysage actuel de la communication et ont contribué à la mise en place de ses outils les plus performants. Mais la réussite du mode dominant de communication actuel est dû au plus grand nombre, aux hommes et aux femmes qui ont cru à ces systèmes, ces outils et ces concepts.

 

Des hommes et des femmes qui, malgré les difficultés et les obstacles de toutes natures, ont adhéré aux nouvelles formes de communication.

 

Pour préciser cette idée voyons comment s’explique l’expansion de l’usage d’Internet dans un pays comme la Tunisie, malgré les difficultés.

 

Le constat et les études relèvent qu’il est difficile pour une famille au revenus modestes d’acquérir (ou d’avoir accès à) tous les moyens de communications modernes et de les mettre à la disposition de ses enfants.

 

Les difficultés sont ici d’ordre économique et socio-psychologique.

 

Je laisse pour d’autres spécialistes la question des risques sur la santé liés à l’exposition prolongée aux radiations de l’écran ou liés à la posture non ergonomique habituelle de la majorité des gens devant leurs postes…

 

Sur le plan économique, il n’est pas donné à tout foyer d’avoir son micro-ordinateur (avec ses périphériques de base : imprimante, Cam..) et de payer ses frais d’abonnement mensuel à l’ADSL. Cela se traduit par une charge mensuelle moyenne de 50 à 100 DT. Une telle dépense mensuelle (additionnelle) est hors de portée du grand nombre des familles tunisiennes.

 

Sur l’autre plan, il y a un réel frein psychologique pour bien des familles à s’équiper pour se connecter à la toile mondiale : d’abord la crainte que les heures de navigation passées par leurs enfants ne les détournent des révisions scolaires. Ensuite la crainte que leurs enfants mineurs ne soient séduits par les sites incongrus et les relations douteuses.

 

Malgré ces freins sérieux, la tendance ne cesse de s’amplifier et le nombre de foyers équipés est en croissance.

 

Est-ce la résignation ? L’audace ? Ou s’agit-t-il tout simplement du bon sens commun ?

 

Plus un produit ou un service se diffuse plus son coût baisse (c’est une loi économique générale qui n’admet que quelques exceptions rares) et le prix ne tarde généralement pas à suivre (dans certains cas on a vu la réduction du prix anticiper la trajectoire de la diminution des coûts) et le mouvement de « démocratisation » du produit ou service en question se trouve autoentretenu.

 

L’essentiel des  produits et services liés à l’accès et à l’usage d’Internet ont connus un réel essor et une « démocratisation » qui est parvenu à réduire l’obstacle économique cité plus haut.

 

De plus, au fur et à mesure que ces produits et services se démocratisent, la population durablement connectée à Internet tend à ressembler à  la « population mère » et les publics insolites de tout type et genre ne constitueront que des minorités. Quelque soit leur nombre, ils seront évitables. Du coup, le frein psychologique se trouve atténué.

 

La généralisation et la démocratisation d’Internet permettra aux usagers de trouver plus facilement et plus rapidement les solutions efficaces pour éviter les divers inconvénients ou les résoudre.

 

Le cas de l’expansion de l’usage d’Internet en Tunisie (et ailleurs) est une illustration de cette ouverture vers l’autre et avec l’autre, de cette volonté de rapprochement entre générations et entre groupes de régions différentes plus ou moins éloignées.

 

N’est-il pas également révélateur de la détermination de chacun à affirmer son originalité et son authenticité ?

A vous de prolonger la discussion, de l’enrichir par vos remarques vos idées et votre expérience.

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Battini Mustapha 03/11/2007 07:13

C’est avec plaisir que je voudrais noter les éclaircissements qui suivent et qui se rapportent aux deux premières questions soulevées par les commentaires de Mr. Madhuri (commentaire n° : 2 daté du 02/11/2007)
Tout en soulignant la pertinence des idées qu’il développe par ailleurs.

Sur le rapport entre le postulat énoncé au départ (les quinquagénaires seraient incapables de comprendre les jeunes d'aujourd'hui) et le raisonnement développé ensuite sur l'Internet.

Tu t’interroge si le rapport réside dans le fait que l'essor actuel des nouvelles technologies de communication est né des investissements et des recherches des plus "anciens".

Ma réponse est non, car les investissements aussi bien que les efforts de recherches (publics et privés) ne sont faits massivement que dans un but lucratif ou marginalement pour des motifs qui n’ont rien à voir avec le désir de dialogue entre générations.

En réalité, le raisonnement tenu sur l'Internet n’est qu’une illustration (qui s’impose naturellement dans un blog) s’inscrivant contre l’hypothèse soutenue par mon interlocuteur selon laquelle les ainés (et pas seulement les vieux) seraient incapables de comprendre les jeunes de tout temps et ceux d'aujourd'hui en particulier.

Le cas d’Internet s’impose naturellement quant on parle de dialogue, de communication et de liens entre personnes physiques hors le simple cadre de la famille, la région, l’âge, la religion, la culture etc. un espace où même la différence de langues n’est pas un handicap majeur entre les communicants.

La relation des quinquagénaires avec Internet est soulevée sous l’angle de la mise à disposition des outils nécessaires à la connexion au profit des enfants par les parents. Car pour une famille (tunisienne par exemple) l’achat d’un ordinateur n’est pas comparable à un autre achat. Un ordinateur ça coûte son installation exige la réservation d’un espace dans le foyer qui n’est pas toujours disponible, la connexion ça coûte, la consommation d’électricité ça coûte et par-dessus tout l’Internet n’est pas la bienvenue à la maison pour une grande partie de la population (ce que j’ai appelé frein psychologique).

Un enfant (et même un jeune de 18 ou 20 ans) aujourd’hui, ne peut pas disposer d’Internet sans un certain sacrifice et un sacrifice certain de la part de ses parents.

Tu te demandes s’il faudrait remercier les "anciens" (pour les investissements et des recherches accomplis) de nous permettre aujourd'hui à tous de "vivre en temps réel" ce qui se passe à l'autre bout de la planète.

Là, je répondrais que c’est au marché de le faire, car ces "anciens" qui ont conçu Internet et les appareils et logiciels nécessaires ne l’on fait que pour le marché. Il les récompensera ou sanctionnera. Pour ma part, je salue leur ingéniosité pour avoir pu imaginer et concevoir un outil aussi puissant propice au dialogue.

Pour terminer, je tiens à louer ta remarquable contribution à enrichir le présent dialogue.

Madhuri 02/11/2007 16:03

Réflexion très intéressante, mais, honnêtement, je n'ai pas vraiment saisi le rapport entre le postulat que vous énoncez au départ (les quinquagénnaires seraient incapables de comprendre les jeunes d'aujourd'hui) et le raisonnement que vous énoncez ensuite sur l'Internet. Est-ce parceque l'essor des nouvelles technologies de communication aujourd'hui -qui est assez impressionnant- est né des investissements et des recherches des plus "anciens", qu'il faudrait les remercier de nous permettre aujourd'hui à tous de "vivre en temps réel" ce qui se passe à l'autre bout de la planète?
Internet a certes, bouleversé peut-être à jamais notre vision de la communication et son étendue à travers le monde. Ce qui s'est produit avec cet outil en moins de 15 ans est, de loin, bien incomparable à l'avènement du télépone ou encore du télégramme. Mais dire que la communication inter-personnelle s'arrête là me paraît réducteur.
Premièrement parceque tout le monde n'a pas (encore?) accès à ce nouvel outil et on peut se demander si un jour ce pourra être le cas. Ensuite, parceque n'oublions pas que la distance, malgré la proximité virtuelle, elle, est bien réelle. Et même en nous connectant 10 fois par jour avec New York ou Hong-Kong depuis sa France natale, on reste en France : la réalité est bien là. Est-ce que nous considérons alors que la communication se limite à se faire entendre et dialoguer un peu partout dans le monde sans y être ?
Enfin parceque communication ne signifie pas forcément dialogue et encore moins compréhension, mais elle peut être la base d'échanges divers et variés.
Internet est un outil de communication, que je considère pour ma part comme incomplet, tout comme le téléphone, autrement dit un outil et rien de plus, et considérer que grâce à lui nous pourrons nous rapprocher, mieux nous comprendre me paraît être une utopie. Cet outil ne fera ni plus ni moins que mettre en valeur des terrains d'expression pour (presque) tout, le meilleur comme le pire, et ce, notamment parcequ'il sagit d'un outil puissant qui se nourrit de lui-même (plus la communauté d'internautes grandit, plus la portée des informations qu'il contient est importante), et qui a permis à des individus de briser le monopole de l'information qui était jesque là détenu par les professionels des médias, des renseignements... ce qui étant important n'est pas tant la qualité de l'information que la source.
Enfin, je concluerai la-dessus : Iternet n'est là ni pour renforcer ni pour amoindrir le dialogue entre les gens, mais tout simplement pour servir de support, fluctuant au gré des usagers, des actualités, une nouvelle voie de transmission de l'Histoire sans doute.
Au-delà du soi-disant "fossé générationnel" qui serait lié à l'Internet et aux NTIC en général, l'incompréhension est encore peut-être la chose la plus universelle chez les humains, la mieux partagée, et tous les prétextes sont bons pour essayer de la justifier, de la culture à l'âge, en passant par l'appartenance géographique ou religieuse... A méditer.

HADHOUD 13/07/2007 04:27

Je pense que les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas vraiment le choix , ils doivent se connecter a la toile car ça fait de plus en plus partie de notre vie quotidienne et l'ouverture de la boite mail le matin commence a etre plus importante que le petit dejeuné une foi habitué a l'internet ...

Les jeunes suivent les uns les autres de nature et veulent decouvrir ce que les autres saches et veulent vivre les experiences des autres et veulent explorer le monde entier (et l'internet leurs a permi de le faire a partir de chez eux)

Donc la question que je me pose est :

La connexion internet a domicile (et biensur le PC) et toujours un luxe ? Ou est ce necessaire ?